Michel Witasse
Une pandémie semble plus efficace qu'une frontière. Le pont de l'Europe, hier midi, il a suffi qu'on dise qu'on renforçait les contrôles, et la frontière devient magiquement imperméable. Nos voisins sont devenus des étrangers.
J'exagère, évidemment. J'ai pourtant passé le pont, côté allemand, ça donne ceci :
Côté français, juste de l'autre côté, ça donne cela :
“Entre ”eux“ et ”nous", y aurait-il donc des différences ?." commente Jean-Michel.
ça me rappelle les propos de Jean Werlen que j'ai entendus au cours du conseil municipal du 22 mars 2021 affirmant : « eux, c'est nous » il parlait des musulmans dans le cadre du vote de la subvention à accorder pour la mosquée de la Meinau. (subvention qui fait tant de bruit en ce moment) Il a raison. Pour tout républicain, pour tout citoyen honnête, il ne doit pas y avoir de discrimination. A l'Elsau (chez moi, ailleurs je ne sais pas trop) pourtant, il y a encore eux et nous, sans qu'on puisse désigner « eux » ou « nous » par les uns ou par les autres.
En entendant Jean Werlen, j'ai l'impression d'entendre "ich bin ein Berliner !“ ou ”Je suis Charlie !" ou …. "Je suis musulman ! "... "Je suis Turc ! ». Ce serait bien et même enthousiasmant si on entendait aussi "je suis strasbourgeois, je suis français !".
Bien sûr, j'exagère, on l'entend et d'aucuns le professent. Mais quand je tire la leçon de ma petite aventure sur le pont de l'Europe, j'ai envie de dire, quand je vois le côté allemand :"je suis allemand !"; mais un allemand qui voit le côté français aurait-il envie de crier "ich bin Franzose" ?
disparu soudainement le 11/04/2021 remis le 12