• Annonciation

     

    25 mars, c'est l'annonciation. Marie apprend qu'elle mettra au monde le sauveur.

     Les cloches des églises sonneront ce soir en signe de solidarité.

     Des « Annonciations » j'en ai photographié dans les musées et il y en a de très belles. Mais j'ai plutôt choisi cette composition :

    Annonciation

     

    Louis LEZZI Manu en porteuse de lumière - Imagora photo                                          

     Holbein Christ mort dans la tombe - Kunstmuseum Bâle                                          

     Marco basaiti Cristo morto tra due angioletti - Venise Galerie de l'Académie                                         

     Philipe de Champaigne Christ mort couché sur son linceul - Louvre Paris                                        

                                              

    • Manu n'est pas Marie, Marie ou Manu sont « la Femme »

    • Tout le monde ne croit pas en Jésus, mais tout le monde espère « la lumière »

    • un confinement de trois jours qui se termine par une résurrection, peut-on espérer mieux !

     

    Dieu est mort... pas sûr !

    C'est vrai qu'on ne peint plus guère de "Christ au tombeau". On les trouve dans les églises ou dans les musées. J'en avais photographié trois, à Paris, à Bruxelles et à Venise ; un corps attendant tranquillement la résurrection sous l'aimable surveillance des anges ; cadavériquement posé sur son linceul ; ou déjà en état de putréfaction, exposé dans une caisse étroite ; de quoi y perdre la foi, selon Dostoïevski.

    Dieu est mort, c'est bien vrai. Là-dessus aucun doute. Mais sur sa résurrection ? Ce n'est plus seulement du domaine de l'histoire mais plutôt du domaine de la foi. A qui profite le doute ? À l'art, certainement.

    Louis Lezzi fait des photos de femmes nues « porteuses de lumière ». Un boule de lumière, un décor et une femme, pour un photographe c'est largement suffisant pour explorer le champ des possibles. C'est loin d'être un simple loisir, ça ressemble davantage à une quête. Il ne connaît pas l'objet de sa recherche, il est photographe donc il fait des images. Le point d'interrogation à la fin de la question lui semble plus important que la question formulée. Il ne sait pas ce qu'il cherche, il sait seulement qu'il cherche. Le chemin à lui seul justifie le voyage.

    Quand j'ai vu cette proposition de « Manu en porteuse de lumière », me sont immédiatement remontées en mémoire les images de Christ mort dans un tombeau.

    La mort est une porte de sortie, mais vers quelle issue ? La fin irrémédiable et définitive ne figure pas dans les schémas enthousiastes de nos logiques, la fin en soi est inacceptable, révoltante, insupportable. Alors nos imaginaires fournissent des compositions esthétiques en contrepoint à la décomposition morbide et sinistre de nos corps désintégrables.

     Manu est une femme jeune et belle, bien vivante. Elle refuse de s'allonger dans la position du repos éternel, elle est prête au mouvement. La lumière est un enfantement, sans qu'on sache si c'est elle, Manu, qui en accouche, ou si la source de tout c'est bien elle, la lumière. Le décor sombre évoque une tombe, de vilains murs anciens d'une bâtisse inhabitable. Je suis prêt à parier qu'elle n'y restera pas trois jours.