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    La Belle Strasbourgeoise – 1703 - Nicolas de Largillierre - Musée des Beaux-Arts                       

     

    J'ai toujours détesté son chapeau ; ridicule, il y a des portes qu'elle ne peut passer que de profil ; mais c'était la mode pour le patriciat de l'époque ; on la voit mal aller ramasser des pommes de terre dans cet accoutrement.

     

    Mais j'ai toujours eu une délicate tendresse pour ce petit chien niché dans le creux du bras, poilu mais bien propre, noir et blanc pour ne pas faire de l’ombre à la richesse chromatique de la robe de sa maîtresse, il se refuse à n'être qu'une nature morte, et lui aussi se veut un portrait de caractère.

     

    Avec lui on peut dire qu'elle a du chien.

     

     

     

    Des chiens dans l'art, ça ne manque pas, de toutes races, et de tous poils. Le plus ancien est sans doute Anubis, le dieu des morts chez les Égyptiens. Le chat de l'Olympia est l'écho du petit chien de la Vénus d'Urbin, difficile sans doute de mettre le symbole de la fidélité sur le lit de la prostituée.

     

    J'aime beaucoup le collègue vénitien de la belle strasbourgeoise. Il trône sur sa gondole près du Rialto peint en 1496 par Vittore Carpaccio, affublé d'un ruban à grelots. Le titre du tableau est tout aussi magnifique : “Miracolo della reliquia della Croce al ponte di Rialto”

     

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    Mais le plus noble que j'aie trouvé, c'est ce lévrier aux pieds du gisant de Marguerite de Foix mère d'Anne de Bretagne dans la Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul de Nantes.

     

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    Je vois chaque jour passer des chiens devant chez moi, attachés à leurs maître ou maîtresse ; j'avoue qu'ils ne m'inspirent guère de sympathie, encore moins d'admiration. Je sais qu'ils vont prendre mon trottoir pour un crottoir.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    op.88     17/06/2020